Terre perdue
dans l'entre monde
peuple dispersé
comme jamais témoin
de notre devenir.
Terre précaire
depuis toujours
entre la résistance
et l'universel.
| Cette maison... |
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A Kirants, une nuit, avec autour de la maison, le jardin.
Cette maison dans le haut du village, à l'étage c'est une sorte de verrière, on devine au loin dans l'échancrure l'autre pays voisin.
La nuit le vent doux fait battre les vantaux, au loin dans l'échancrure les orages, qui se lèvent, lumière et foudre.
Voit-on plus loin que ce jardin, dans le petit enclos des murs la terre entière ici dans la main la verdure les plantes alignées, l'eau conservée, voit-on plus loin, l'autre pays d'où les orages viennent.
C'est dans la paix d'été les jeunes parlent sur la place les vieilles gens font leur terre fertile rumeurs des hommes, de l'eau musiques, corps vivants si près, l'autre pays il y a peu ceux qui moissonnaient vers la frontière ceux-là, dans la violence, sait-on jamais la paix fragile la douceur extrême avant l'innommable ?
Cette maison pour une nuit, semblance paisible de l'abri le bassin d'eau pour le jardin les fruits qui gonflent les femmes plus bas dans le village qui laissent leur corps amoureux en allé, vent doux, chercheur dans la lumière le voyageur ne cerne rien il est pour une nuit, dans la béance, empli des visages vus, paysages éclairés, dentelles des instants, il voit ce pays voisin du haut de la verrière, il n'a que son temps improbable, fugace, il voudrait des échos, des certitudes, qu'enfin la terre l'apaise.
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Les pierres et l'âme, fragments arméniens, est un regard passionné vers cette terre sensible arménienne, dont les pierres et leur devenir nous interrogent aujourd'hui plus qu'ailleurs.