Terre perdue
dans l'entre monde
peuple dispersé
comme jamais témoin
de notre devenir.
Terre précaire
depuis toujours
entre la résistance
et l'universel.
| Village dans la mémoire |
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Makénis, après une longue quête du chemin, une lente, si lente, montée. Il y coule un torrent près des jardins.
Village dans la mémoire, serré sur lui l'eau descend des montagnes, l'eau chante dans la rumeur déserte des vieilles gens, le peu des gens ici l'été dans l'air vif qui creusent dans la terre leur solitude
A la femme qui vient dans le soleil montrer les pierres de l'église je n'ose rien demander, de ce qui fait le village ainsi serré dans sa communauté son dénuement et comment ce doit être l'hiver parmi la neige, et la douleur des familles éparses
Village d'Arménie au bout des routes perdues il n'y a depuis des siècles que la mémoire qui résiste, qui dans les malheurs du temps s'enfouit plus encore dans cette terre pierre mère
Le peu des gens, qui s'activent, cultures maigres, corps épuisés, on voudrait leur dire ce lieu, la lumière un instant les fronts apaisés et l'immense sourire, la femme dans le soleil qui n'a rien à dire que ces pierres, milliers de gestes entassés, propos naïfs, récits des hommes, depuis toujours ici, au bord des larmes je n'ose rien, l'ombre bientôt, leur solitude, terre pierre mère.
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Les pierres et l'âme, fragments arméniens, est un regard passionné vers cette terre sensible arménienne, dont les pierres et leur devenir nous interrogent aujourd'hui plus qu'ailleurs.