Terre perdue
dans l'entre monde
peuple dispersé
comme jamais témoin
de notre devenir.
Terre précaire
depuis toujours
entre la résistance
et l'universel.
| Grégoire de Narek et l'ancienne poésie arménienne |
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Une introduction éclairée à l'oeuvre poétique de Grégoire de Narek, mystique et flamboyant poète d'Arménie au tournant de l'an 1000, complétée par quelques autres poètes arméniens.
Bonheur d'acheter ce petit ouvrage au kiosque de l'hôtel à Erevan, réédité en français en Arménie, en 2003, cinquante ans ans après sa première publication aux Cahiers du Sud en France. Luc-André Marcel est poète, et traducteur. En une trentaine de pages, il décrit le personnage, celui qui naît en 951 dans ce village de Narek près du lac de Van, du temps où les Bagratides agrègent une Arménie autour d'Ani la capitale. A propos du Livre des lamentations, le texte emblématique de Grégoire de Narek, Luc-André Marcel écrit : "Existe-t-il un texte montrant un acharnement aussi soutenu à tirer d'un corps toutes les raisons de le métamorphoser ?" Ascèse, travail croisé de la chair et de l'âme, le poète tourne les mots, "se réserve de pures noces avec une beauté incorruptible".
Suit la traduction d'odes mystiques et du livre des lamentations, l'occasion d'entrer dans cette oeuvre bouillonnante : "Je me cloue aux dents du remords, Il n'y a rien à dire sur ce souffle qui s'extrait d'un dur dialogue entre la violence du corps et la puissance de l'âme, il n'y a qu'à plonger dans cela, cette matière du souffle qui vient étonnamment puissante du fond des siècles.
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