Le fil, ténu
qui fait dans le jour
toute la dentelle
des rêves.
Les plis, les courbes
dans l'orbe du visage
toute la fragilité
du monde, le désir
qui suit la lumière
des femmes en allées.
| Au fil du temps |
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Page 1 sur 4 Simple voile, petit bonnet de coton, ou hennin sophistiqué, chaque femme, quelle que soit son appartenance sociale ou religieuse, se doit de couvrir ses cheveux de l'un de ces éléments. Déjà, dans l'ancienne France, " L'usage du bonnet ou de la coiffe en toile ou en mousseline blanche est systématique chez les femmes du peuple " * Le temps des coiffes La coiffe paysanne consiste le plus souvent en une pièce de tissu simplement nouée et drapée autour de la tête. Au XVIe siècle Bruegel peint les paysannes coiffées d'une seule pièce en toile, assez longue et drapée. La forme évolue au cours des siècles – comme le montrent les tableaux de Clouet et de Le Nain – en s'allégeant et en se raccourcissant.
Plusieurs raisons peuvent expliquer cette évolution. En ce début du XIXe siècle, on assiste à une libéralisation de la société paysanne. L'abolition des lois somptuaires qui interdisaient aux femmes du peuple de porter de la soie ou des dentelles est un premier facteur. Le second est l'affaiblissement du pouvoir du syndic qui répartissait les impôts selon les signes extérieurs de richesse. Les paysannes peuvent donc dorénavant sans crainte des lois ni des taxes, transformer leur petit bonnet anonyme et sans cachet en coiffure personnalisée plus ou moins luxueuse, symbole de leur statut social.
* Michel Figeac, L'Ancienne France au quotidien, Armand-Colin (2007) |