Les mots qui disent
entre les mots
l'humanité
l'amour s'il se peut
au gré du monde
Les mots
qu'on ne dit pas
qui nous traversent
criblant les corps
| On monte doucement |
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On monte doucement sur le chemin de terre rappelle-toi c'est le matin à peine la lumière dans le ciel sur les blés les orges à peine blonds, on croise un homme avec ses chiens on monte c'est la douceur et les bois qui commencent et leur ombre.
Puis viennent les fougères les châtaigniers sous le couvert on n'éprouve que le corps encore, seul, qui cherche le dialogue avec les bruits des hommes au loin les trouées de lumière.
Marcher c'est l'oubli, les pas ne font aucune histoire qu'eux-mêmes, que leur bruit sur le sol. Et c'est ainsi peut-être l'éternité, le simple rythme avec auprès de soi la présence précaire, portée pourtant par les paroles, les souffles qui se croisent.
Soudain c'est la lumière sur l'espace des vignes offert comme une femme l'église en contrebas, les hommes qui passent dans les rangs, rappelle-toi la fenestrelle et son essaim d'abeilles et la rangée des fleurs qui mène jusqu'à la lanterne des morts. Qu'est-ce ainsi marcher, le même partage de l'espace, sur l'autre versant cette femme dans les prés qui s'active à la lessive, parmi ses bêtes parmi le désordre du monde. Qu'est-ce ainsi marcher, prendre des images au vol des gestes quelques phrases en répons, et cela surtout que ce balancement des corps est la vie même, dans la courbe des chemins blancs dans les regards partagés rappelle-toi Chez Bras, ce village à peine avec les fleurs les murs qui se délitent et le vieil escalier de pierre auprès de la maison.
Le chemin ne va nulle part, il tourne en soi et dans le paysage, les nuages laissent un temps la chaleur passer, il faut dire l'extrême douceur de ce pays comme entre soi le calme comme à jamais la paix. Une autre église encore au bout de la mémoire les griffons les chimères que le temps ronge.
On parle des voyages rappelle-toi plus lointains encore que le bord improbable des routes.
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