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Elle avait dit :
" C'est pour oublier que je laisse ainsi le temps brouiller les choses "
Dans le soir du voyage il devinait à peine ce qui mouillait ses yeux, comment c'étaient les années sous l'absence, sous la douleur lente du silence.
Il n'avait vu d'elle que cette capacité d'enfance émerveillée, gestes et regards chaque jour comme on vient au monde, une évidence aussi limpide, ténue visages et paysages offerts en soi, comme touchés par l'immédiat bonheur des découvertes.
Elle avait dit : " C'est pour oublier que je suis ici " et dans sa chair la part d'ombre au bord des larmes, le regard à peine qui implore, les yeux mobiles, éperdus, qui cherchent un monde.
Il aurait tant voulu les mots pour lever la douleur, dresser l'orbe à nouveau de l'enfance chercher son front, ses cheveux proches remués par leurs paroles
C'était dans le soir très lointain de l'Asie dans la foule et les bruits, les corps multipliés ils marchaient parmi eux parmi toutes les amitiés du monde, elle avait eu ce sourire encore lavé de toutes les joies partagées de l'enfance, de ces bribes d'histoires qu'elle disait comme une dentelle de rêves où c'était le bonheur.
Il prit son épaule, il devinait à peine, il aurait tant voulu les mots, sur elle, réconciliés.
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