Les mots qui disent
entre les mots
l'humanité
l'amour s'il se peut
au gré du monde
Les mots
qu'on ne dit pas
qui nous traversent
criblant les corps
| Il fait nuit déjà |
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Il fait nuit déjà. J'entends le lent ruissellement de tes mains sur la laine Le poids des versants sous la longue indifférence Des cailloux roulent, des gens viennent sur des routes perdues, les paroles s'effritent, jour sur jour Mais que poursuivons-nous, crainte impalpable, fragile inquiétude de l'amour Je lève les yeux, les flammes pénètrent le bois, l'encerclent, osmose inoubliable des moments de l'enfance Ton corps déplie ses voix souterraines, s'accorde au rythme émouvant de la nuit Quelque part, deux gorges s'ouvrent à la tendresse - flot, branches, lèvres remuées, soleil des bras partageant l'air Quelque part, un homme rentre, s'assied, dit calmement des mots de fatigue étoilée Je pense à cette repousse de l'herbe devant la maison, cet après-midi de septembre, touchée de biais par le soleil : légère couche colorée, sexe gonflé de jeune fille Quoi d'autre la vie, sinon cet ourlet intime dégagé des choses, cette humble résonance des chevelures de femmes Dehors, la nuit restitue les murmures, allège indéfiniment les absences
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