Les mots qui disent
entre les mots
l'humanité
l'amour s'il se peut
au gré du monde
Les mots
qu'on ne dit pas
qui nous traversent
criblant les corps
| Matin qui s'use au printemps |
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Matin qui s'use au printemps, je marche dans ce pays derrière la mémoire on n'y voit rien que des plantes séchées par fragments venues de la jeunesse je marche si longtemps je vous convie à toutes les blessures d'herbe sur les peaux et c'est au soleil un souvenir d'amour sur la colline on voit les arbres se dissoudre vers la vallée
Il n'y a rien jamais dans le paysage que le désir durable des visages cette part épurée des chemins cette part des pierres entassées aux murets millénaires
Matin qui s'offre au soleil au seuil de la maison la femme couvre ses fleurs je marche je mesure la puissance des pierres aux églises perdues que les lézards corrodent, je vous attends depuis toujours aux bras nus des rivières, dans l'interstice des douleurs je vous vois au détour des rives sans geste, sans chanson depuis quand marchons-nous perdus dans les fragments de la jeunesse je cherche désespéré vos mains dans le matin qui s'use derrière la mémoire les mots ne reviennent jamais et c'est au soleil les pierres des villages nous accompagnent un moment et vous ne dites rien jamais ce n'est qu'un souvenir d'amour de la colline, c'est toute la terre à vif qu'on voit je marche dans ce pays de vous qui murmure à jamais.
Agonnay
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