Il reste encore, sur la façade, des bribes de lumière qui la nimbe, qui font comme une invite aux regards de ceux qui s'assemblent là. C'est sur le parvis, c'est le moment des corps qui se retrouvent, des gestes modestes d'humanité - ceux qui parlent entre eux, ceux qui attendent, ceux qui détaillent encore l'élan des images romanes.
On entre bientôt, dans cette nef et la pénombre comme toujours prend le corps, les murmures peuplent l'espace, les murmures préparent au silence. On est nombreux, on rend l'espace dense, il y a des lueurs aux chapiteaux là-haut, aux fresques plus loin, plus indécises qui ferment la voûte.
Et c'est l'accueil d'abord, un homme qui parle pour sa ville, qui dit l'importance de ces pierres romanes et d'être là, ce soir, dans l'émotion commune. Puis une femme, elle a des transparences dans la voix, elle dit ce qu'est la nuit romane, la rencontre et la musique dans l'été des territoires, au gré des voûtes et des architectures, cela qui fait culture, nourriture entre nous. Et puis un homme encore, lui parle de l'histoire, de ces bâtisseurs innombrables, qui faisaient front contre la violence, il dit la vie aujourd'hui, à trouver dans ce partage entre nous, des pierres.