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"A l'aurore du XIIIe siècle, le pèlerin
de Saint-Jacques qui, par Tours et Poitiers, s'acheminait
vers la Galice, franchissait la ligne des forêts, plus
compactes encore qu'aujourd'hui…" Et derrière la
ligne des forêts, après une pente douce et tandis que
l'air se faisait plus lumineux, le pèlerin découvrait
Aulnay.
Lire et toucher ce livre, le seul en
français qu'on ait consacré à cet admirable site roman,
est une sorte de privilège : les tirages en héliogravure
des photos de M. Muro n'ont pas pris une ride et si certains
commentaires de l'auteur semblent un peu dépassés
aujourd'hui, c'est une merveille d'être pris par la main
pour une promenade enchantée tout autour et à l'intérieur
du bâtiment.
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Il y a, bien sûr, l'histoire de l'église,
les questions de date de sa construction, la situation de son
architecture, les commentaires pas à pas des sculptures, agrémentés
des histoires des scènes bibliques et des mises en situation
d'époque (par exemple la mise en relation de l'histoire des
vierges folles et du Sponsus, jeu théâtral sur le même
thème, écrit à Angoulême au XIIe siècle).
Mais ce qui est émouvant dans ce livre, c'est la
relation qu'il révèle de l'auteur avec ce lieu, dont il a
subi comme beaucoup d'autres la magie : "Quand revient
novembre, quand les rafales du vent d'ouest, dépouillant les
bois, découvrent aussi le royaume des légendes et des
songes, rien n'est plus émouvant qu'un regard sur la vieille
église, à l'heure où les ifs de l'ancien cimetière sont
plus noirs que la nuit, et qu'à la manière d'une haute lampe
funèbre, un rayon de lune la touche."
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