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A propos des Syrènes romanes

 

Un bonheur d'Internet : un message qui nous vient d'Italie, avec le texte que vous allez lire ci-dessous à propos des syrènes romanes. Quelques mots sur son auteur : Giorgio Presotto (giorgio.presotto@clab.it) se définit comme un modeste amateur d'art roman. Mais sa passion l'a amené à se documenter : M.M. Davy, J. Baltrusaitis, J. Le Goff, G. Duby, les éditions Zodiaque entre autres lui ont servi de balises pour son parcours. Et le latin qu'il a pratiqué lui a permis d'approcher la littérature patristique médiévale et de traduire des pages d'Honorius d'Autun, de Bernard de Clairvaux, d'Hugues de Saint Victor… Nous sommes donc particulièrement heureux de publier ce texte, et de permettre à son auteur de nouer d'autres contacts à travers le web.


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Parmi les maintes raisons de surprise qui ne cessent de toucher et de fasciner tout observateur des multiformes et souvent énigmatiques apparats décoratifs sculpturaux des églises romanes, il y a sans doute le niveau de diffusion atteint par un répertoire iconographique de thèmes et de sujets composants, de fait, un vrai lexique par images qui se présente comme un patrimoine largement commun de la culture religieuse de ce temps. La très fréquente représentation de la Syrène, personnage qui appartient à ce répertoire, ne devrait donc pas trop étonner, si ce n'était pour la ponctualité, tout à fait singulière, de son apparition presque sur tous les édifices religieux où elle se montre sur des chapiteaux, linteaux, piliers, planchers, quasiment mystérieux emblème ou leitmotiv d'un conte fabuleux. Et si l'on pense à la vaste dimension du territoire qui vit le succès et le développement du Roman, et à l'hétérogénéité des racines culturelles des peuples qui habitaient ce territoire, cet évident intérêt pour la Syrène semble, de lui même, le reflet de spécificités, propres à ce sujet et à sa signification, qui s'annoncent immédiatement comme très particulières et curieuses.

 

Il n'est pas moins intéressant de constater que cette infatigable répétition de l'image de la Syrène n'est point la pure et simple reproduction d'un stéréotype: c'est avec liberté et fantaisie que, dans la plupart des cas, le schéma iconographique, une figure moitié femme et moitié poisson, ou oiseau, ou serpent, émerge à travers le changement des modalités d'interprétation. 

 

Il arrive ainsi que quelques sculpteurs, peut-être plus sensibles que d'autres à un rôle décoratif des images, découvrent dans la typique sinuosité du profil la possibilité d'un développement en sens plastique du motif curviligne et en obtiennent des solutions de particulière élégance, comme le chapiteau sur lequel la figure se répète, identique, sur chacun des quatre cotés. Ailleurs, l'exigence d'expliciter des contenus symboliques ou allégoriques donne vie à des représentations où la Syrène interagit avec d'autres sujets. Très souvent, cette interaction, qui se déroule sur le plan du symbole, au lieu de se montrer en véritables scènes descriptives préfère s'exprimer par de complexes jeux de juxtaposition / contiguïté des images dans leur distribution sur les différentes parties du même élément architectonique.

Les questions, et les énigmes, parfois, que ce sujet pose aux observateurs de notre temps sont nombreuses et compliquées. Les siècles ont effacé presque toute trace du code interprétatif de ce lexique qui nous parait étrange et séduisant au même temps. Quel lien, soit valeur ou signification ou simple familiarité, y a-t-il entre la Syrène des moines basiliens de Otranto et la Syrène du tympan de Vézelay, ou celle de Girona catalana, ou celle de Wiligelmo à Modena? Existe-t-il une réponse univoque à l'interrogation sur le sens profond de cette image dans la religiosité romane? Ou, encore, quel rôle a joué, dans l'imaginaire roman, la duplicité radicalement inconciliable de la Syrène, par rapport à la perception d'une autre duplicité dramatique, celle de la condition humaine, vue sous la perspective de l'éthique médiévale?

 

….. et quant à moi, "coureur de Syrènes",

depuis une dizaine d'années, j'en ai étudiées des italiennes, françaises, espagnoles. Je les ai poursuivies et chassées, photographiées et épiées, en essayant de leur arracher quelque secret plongé dans l'imaginaire de ces temps si lointains.

Un autre thème de l'iconographie romane qui m'a beaucoup appris, est celui de "L'Arche et le Déluge": ici j'ai aussi essayé quelque incursion dans des textes religieux qui, au XIIe siècle, étaient courants et bien connus.

Ce que j'aimerais, c'est de confronter mes impressions et mes conclusions avec des personnes qui, comme moi, sont attirées par une approche thématique de l'iconographie et de l'iconologie romanes, une approche qui, je l'ai constaté, peut représenter un utile et suggestif point de départ pour la recherche de réponses réfléchies aux plusieurs questions que l'iconographie de cette époque pose. Quant aux instruments, ils ne peuvent être que ceux d'un travail d'attentive analyse et de comparaison, autant que possible contextualisée, de différentes interprétations des thèmes.

Bon travail à tous.

Giorgio Presotto E-mail: giorgio.presotto@clab.it

P.S.: Je suis italien et, à part le français, je comprend assez bien l'espagnol et l'anglais (quelque problème, toutefois, à m'exprimer dans ces dernières).

 

 


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A proposito delle Sirene romaniche.

Tra le molte ragioni di meraviglia che non cessano di colpire e di affascinare l'osservatore dei multiformi e spesso enigmatici apparati decorativi scultorei delle chiese romaniche, vi è senza dubbio il livello di diffusione raggiunto da un repertorio iconografico di temi e di soggetti costituenti, di fatto, un vero lessico per immagini che si configura come un patrimonio largamente comune della cultura religiosa del tempo. La frequentissima raffigurazione della Sirena, personaggio che a tale repertorio appartiene, non dovrebbe dunque stupire più di tanto, se non fosse per la straordinaria puntualità con la quale si affaccia, quasi in tutti gli edifici religiosi, da capitelli, architravi, pilastri, pavimenti, quasi misterioso emblema o leit-motiv di un racconto fiabesco. E se si pensa alla vastità del territorio che vide l'affermazione e lo sviluppo del Romanico ed alla eterogeneità delle radici culturali delle popolazioni che questo territorio abitavano, tale evidente interesse per la Sirena sembra, già di per se stesso, il riflesso di specificità, proprie del soggetto e del suo significato, che si prospettano subito come assai particolari e curiose.

 
Non meno interessante è constatare che questo instancabile ripetersi dell'immagine della Sirena non è affatto la pura e semplice riproduzione di uno stereotipo: è con libertà e fantasia che, nella maggior parte dei casi, lo schema iconografico, una figura metà donna e metà pesce, o uccello, o serpente, affiora attraverso il mutare delle modalità interpretative. 

 

Avviene così che scultori, forse più sensibili di altri ad un ruolo decorativo dell'immagine, scoprano nella tipica sinuosità del profilo la possibilità di uno sviluppo in senso plastico del motivo curvilineo e ne ottengano soluzioni di particolare eleganza, come i capitelli sui quali la figura si ripete, identica, su ciascuno dei quattro lati. Altrove, l'esigenza di esplicitare dei contenuti simbolici o allegorici dà vita a rappresentazioni nelle quali la Sirena interagisce con altri soggetti. Assai spesso, questa interazione, che si svolge sul piano del simbolo, anziché mostrarsi in vere e proprie scene descrittive preferisce esprimersi mediante complessi giochi di contrapposizione/contiguità delle immagini nella loro distribuzione sulle diverse parti del medesimo elemento architettonico.

Gli interrogativi, talvolta gli enigmi, che questo soggetto pone agli osservatori del nostro tempo sono molteplici e complessi. I secoli hanno quasi del tutto cancellato le tracce del codice interpretativo di questo lessico che a noi appare strano e seducente al tempo stesso. Quale legame, sia esso un valore o un significato o una semplice consuetudine, vi è fra la Sirena dei monaci basiliani di Otranto e la Sirena del timpano di Vezélay, o quella di Girona catalana, o quella di Wiligelmo a Modena? Esiste una risposta univoca all'interrogativo sul senso profondo di questa immagine nella religiosità romanica? O, ancora, quale fu il ruolo, nell'immaginario romanico, della radicale inconciliabile duplicità della Sirena rispetto alla percezione di un'altra drammatica duplicità, quella della condizione umana, vista nella prospettiva dell'etica medievale?

 

… e quanto a me, "coureur de Syrènes",

da una decina d'anni, ne ho studiate di italiane, francesi, spagnole. Le ho rincorse e cacciate, fotografate e spiate, tentando di strappare loro qualche segreto sepolto nell'immaginario di quei tempi così lontani.

Altro tema dell'iconografia romanica che mi ha avvinto è quello de "L'Arca e il Diluvio": qui ho pure tentato qualche incursione in alcuni testi religiosi che, nel XII secolo, erano assai diffusi e ben noti.

Mi piacerebbe confrontare le mie impressioni e conclusioni con persone che, come me, siano attratte da un approccio di tipo tematico all'iconografia e all'iconologia romaniche, un approccio che, come ho constatato, può costituire un utile e suggestivo punto di partenza per la ricerca di meditate risposte ai molti interrogativi che l'iconografia di quell'epoca prospetta. Quanto agli strumenti, questi non possono essere che quelli di un lavoro di attenta analisi e di confronto, per quanto possibile contestualizzato, di diverse interpretazioni dei temi.

Buon lavoro.

Giorgio Presotto E-mail: giorgio.presotto@clab.it

P.S.: Sono italiano e, oltre al francese, comprendo lo spagnolo e l'inglese (con qualche problema, tuttavia, ad esprimermi in queste ultime lingue)

 

 

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