Les traces

Les traces vite effacées sur le sable
ou sur la terre où nous marchons,

ce qu’on échange, ce qu’on écrit,
à peine perceptible quand la saison
couvre le temps, laisse la place
à la suivante.

Les traces de soi dans le monde
font une ronde,
elles dessinent ce qu’on n’achève jamais,
elles émanent à peine de nous,
elles restent en bribes souvent
entre la fulgurance et la douleur.

Sait-on même
si elles peuvent nourrir un peu,
étancher quelques soifs,
fournir un peu de la lumière
du savoir ou du bonheur ?

Il y a,
quand on tisse près de soi
un peu de la clarté des jours,
toute la profondeur
du temps des vies,
ce chant fertile
dont on ne sait pas la fin.

Il y a la ronde du temps,
et le regard embué des enfants
qu’on retrouve sans se lasser,
eux qui du moindre geste
tressent l’éternité.

Les traces, et notre souffle,
qui ajoutent à l’air et à la terre
ce peu de cohérence,
ce peu d’amour
ensemencés malgré tout de l’espoir.

Écriture le 14/09/25