Nous nous tenons

Nous nous tenons par la main
par le regard
par le chatoiement des visages
par la ténuité du vivant partagée sur le monde.

Nous sommes assemblés, à peine,
en de multiples archipels
soumis aux vents contraires
de la violence qui fait rage,
et de l’impuissance du devenir
qui nous rend faibles.

Mais nous nous tenons dans l’indicible
dans la douceur qu’on ne voudrait pas perdre
dans la tendresse
nous nous tenons par le chatoiement des visages
des vies longuement vécues.
Nous avons appris la conscience des signes précaires
de tout ce qui échappe à la cruauté des pouvoirs,
ce qui reste d’humain en propre, entre nous
qui sommes si nombreux et si faibles,
myriades en archipels dérivants
comme soumis
irrémédiablement
à ceux qui sèment leur parole puissante sur le monde.

Nous nous tenons la main
ou le regard c’est tout pareil
nous voudrions comme les fleurs du printemps
faire éclore en cette période du monde
si peu humaine
les couleurs, ces tapis qui vibrent au vent de blanc, de jaune, de bleu,
cela qu’on peut donner,
et rien ni personne pour empêcher ce don,
cette lumière absolue au sein des effondrements.

Écriture le 02/04/25