On entend le vent

On entend le vent
quand on marche dans le printemps,

il ruisselle entre les feuilles neuves des arbres,
ou quand on se repose auprès de la maison,
le vent nous apporte l’âme du monde,
cette rumeur à peine qui survole les paysages,
toutes les saveurs mêlées
qui nous traversent, qui nous construisent.

J’ai l’impression d’entendre le chant du vent
depuis toujours, ce peu de mon âge sur la terre,
et c’est un bienfait, ce qui en moi s’assemble venant d’ailleurs,
tous ces échos qui courbent les ramures
qui se sont dilués à force d’un parcours qui ne cesse jamais,
à force de pousser les nuages, de voir les aubes se lever
tout autour de notre planète frêle.

J’ai tant aimé le vent
dans ses manières d’être au monde,
plurielles comme les hommes,
juste le souffle de l’aimée,
ou bien le vent de face qui aiguise le corps,
ou bien encore sa violence parfois
dont on sent bien qu’elle peut tout détruire
comme celle des hommes.

C’est ainsi, le vent nous façonne,
il nous raconte ce que peut la parole
tressée sur le monde, parmi les hommes,
la parole n’est qu’un souffle,
un vent surgi du corps qu’on ne maîtrise jamais tout à fait,
un vent qui fait le tour de soi-même,
avant de se mêler à tous les vents des autres
sans savoir vraiment ce qu’il peut leur apporter.

On entend le vent,
il nous berce, c’est le soir,
il vient du Sud, la douceur du monde
se répand dans le jardin.

 

Écriture le 26/04/25