Champanais de tous les jours
Gourvillette
Saintongeoise de mariée
Mauzé sur le Mignon
Champanais de grand deuil
Malaville
Saintongeoise demi-deuil
St-Jean d'Angély
Saintongeoise de mariée
Brioux
Champanais de grand deuil
Châteauneuf sur Charente
Barbichet de cérémonie
Brigueuil
Saintongeoise de grand deuil
Mauzé sur le Mignon
Coiffe carrée
St-Hilaire des Loges
Mothaise de cérémonie
Champanais de jeune fille
Matha
Dentelle à l'aiguille
Saintongeoise demi-deuil
Mauzé sur le Mignon
Saintongeoise de cérémonie
Mazin
Saintongeoise de cérémonie
Aubigné
Saintongeoise demi-deuil
Loulay
Pèleboise de cérémonie
Thorigné
Saintongeoise
Loulay
Saintongeoise de jeune fille
Aulnay

Le fil, ténu
qui fait dans le jour
toute la dentelle
des rêves.

Les plis, les courbes
dans l'orbe du visage
toute la fragilité
du monde, le désir
qui suit la lumière
des femmes en allées.

Simple voile, petit bonnet de coton, ou hennin sophistiqué, chaque femme, quelle que soit son appartenance sociale ou religieuse, se doit de couvrir ses cheveux de l'un de ces éléments. Déjà, dans l'ancienne France, " L'usage du bonnet ou de la coiffe en toile ou en mousseline blanche est systématique chez les femmes du peuple " *

Le temps des coiffes

La coiffe paysanne consiste le plus souvent en une pièce de tissu simplement nouée et drapée autour de la tête. Au XVIe siècle Bruegel peint les paysannes coiffées d'une seule pièce en toile, assez longue et drapée. La forme évolue au cours des siècles – comme le montrent les tableaux de Clouet et de Le Nain – en s'allégeant et en se raccourcissant.

Mais au début du XIXe siècle, au simple rôle utilitaire que jouait le bonnet à la française porté par les paysannes, va se substituer un rôle essentiellement social. Le bonnet, se transformant en coiffe, va devenir le véritable signe d'identité de la femme du peuple. Cette évolution va débuter après la Restauration, vers 1815 et la guerre de 1914 en achèvera le déclin. L'heure de gloire des coiffes correspond aux heures de gloire de la paysannerie française.

Un bonnet de travail
Bonnet de travail, dénommé cayenne
Le bonnet, une autre variante
Bonnet de chanvre

 

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette évolution. En ce début du XIXe siècle, on assiste à une libéralisation de la société paysanne. L'abolition des lois somptuaires qui interdisaient aux femmes du peuple de porter de la soie ou des dentelles est un premier facteur. Le second est l'affaiblissement du pouvoir du syndic qui répartissait les impôts selon les signes extérieurs de richesse. Les paysannes peuvent donc dorénavant sans crainte des lois ni des taxes, transformer leur petit bonnet anonyme et sans cachet en coiffure personnalisée plus ou moins luxueuse, symbole de leur statut social.

 * Michel Figeac, L'Ancienne France au quotidien, Armand-Colin (2007)