La coiffe, un signe d'identité territoriale

Les coiffes vont se diversifier peu à peu. Chaque région, chaque paroisse a sa coiffe qu'on identifie immédiatement. S'il y a des grandes catégories comme la Saintongeoise, le Champanais, la Confolentaise, on réussit à distinguer à l'intérieur de ces catégories la marque du village. En effet, chaque lingère marque de son sceau la coiffe qu'elle fabrique. La paysanne portant sa coiffe affiche sa localité.

Les anciennes frontières sont tenaces, ainsi sur le canton d'Aulnay où une partie appartient à la province du Poitou et l'autre à la Saintonge, les coiffes sont différentes dans les deux secteurs, la frontière naturelle et provinciale étant plus forte que l'appartenance au même canton.

 

A La Villedieu, la Saintongeoise
Une Saintongeoise de jeune fille de La Villedieu (canton d'Aulnay)
Au Gicq, le Champanais
Un Champanais de jeune fille du Gicq (canton d'Aulnay)

 

Les dénominations actuelles n'étaient pas utilisées par les habitants, ainsi les femmes parlaient de leur " bonnet " ou de leur " coiffe ", mais ne parlaient pas de " Champanais ", dénomination trouvée par les intellectuels pour désigner les coiffes de la région de la Champagne. Le même type était désigné sous diverses appellations selon les villages, par exemple, la Garibaldi était la dénomination générale, désignée par Carasse pour les gens de Niort, ou encore Capette, Ramponneau. Dans le Marais, on appelait la coiffe carrée, Poraude.

Parfois les rivalités entre villages poussaient les femmes à désigner les coiffes de la commune voisine par un terme péjoratif. Ainsi, les gens de Chef-Boutonne appelaient la Pantine portée par les femmes de Lezay des Pelles de Four et celles de Lezay dénommaient celles de Chef-Boutonne des Bourgnons, de même pour désigner les coiffes des marais, on parlait péjorativement de cabanières et pour celles de Confolens, on utilisait le terme de Gros Culs. Ces multiples dénominations marquent bien la force de l'empreinte territoriale.