Les dentelles

La dentelle sur les coiffes est un signe certain de richesse, les paysannes cherchent à utiliser ce qu'elles voient sur les vêtements des nobles et les dentelles utilisées proviennent parfois des vêtements laissés aux domestiques. Les deux grands genres de dentelle universellement reconnus – et les plus anciennes – sont les dentelles aux fuseaux et les dentelles à l'aiguille. Viendront ensuite les dentelles mécaniques et les fausses dentelles.

La dentelle à l'aiguille

La dentelle à l'aiguille peut être considérée comme un dérivé perfectionné des broderies à jour. Elles sont exécutées sur un patron en vélin ou en parchemin. On passe un ou plusieurs fils sur le contour du dessin et à ces fils de contour, viennent se rattacher les points de dentelle, point de tulle et point de fond. On rebrode ensuite les motifs au point de bourdon.

Le point de Bruxelles, appelé aussi point d'Angleterre, est réalisé sur un fond composé d'un seul fil très délié à mailles hexagonales sur lequel sont appliquées des fleurs brodées hors du réseau.

À Alençon, les dentellières aidées par les ouvrières italiennes copient le point de Venise. Puis, vers 1690, elles créent leur propre point qui portera le nom de point d'Alençon ou point de France qui connaîtra son apogée au XVIIIe siècle dans toutes les cours européennes. Déclarée à l'exposition universelle de 1851 comme la reine des dentelles, elle va décliner en fin de siècle suite à la mode et à la production en masse de dentelles mécaniques.

Dentelle au point de Bruxelles
Dentelle main à l'aiguille au Point de Bruxelles

La dentelle au fuseau

La dentelle au fuseau se fait sur un métier appelé carreau. On attache ensemble au sommet du patron les fils des nombreux fuseaux. Le travail consiste à dérouler et entrecroiser les fils en les passant les uns par-dessus les autres selon un mouvement de rotation. Chaque point est retenu au moyen d'une épingle qui change de place au fur et à mesure de l'avancée du travail.

Cette technique venait d'Italie et de Bruxelles, des centres furent créés en France dès le XVIIe siècle au Puy, à Valenciennes, à Malines et à Chantilly. Au cours du XIXe siècle, la fabrication se transporta en Normandie près de Caen et de Bayeux. À Caen, en 1850, on dénombre 102 fabricants de dentelle de soie au fuseau appelée Blonde de Caen.

La dentelle de Malines se fabrique d'une seule pièce au fuseau. Le fil qui borde le contour extérieur de toutes les fleurs et qui en dessine les formes donne à cette dentelle l'apparence d'une broderie.

 

Sur le carreau
Dentelle sur carreau
Dentelle blonde
Blonde de Caen
Dentelle de Malines
Type Malines

 

La dentelle dite Valenciennes se fait au fuseau, à fils coupés, d'une seule fois, fond et broderies, tantôt à mailles rondes, tantôt à mailles carrées. Sa solidité la fait rechercher par les classes moyennes du XIXe siècle malgré son prix élevé. Elle nécessite 800 à 1500 fuseaux, et les dentellières mettent 35 à 45 minutes pour réaliser une dentelle qui ne demandera que 3 ou 3,5 minutes pour réaliser la même quantité en dentelle de Lille. À partir de 1850, la dentelle mécanique inondera le marché.

La dentelle de Lille est plus variée dans ses dessins que la Valenciennes mais beaucoup moins solide. D'abord réalisée en fil de lin, elles se confectionnera par la suite en fil de coton et la fabrication se mécanisera.

Le réseau du point de Paris se compose de mailles hexagonales formées par simple torsade de deux fils et disposées de manière à laisser entre elles de petits espaces triangulaires. Les dentellières y adaptent des ornements analogues à ceux de la dentelle de Malines, donnant naissance au point de Paris moderne. Souvent on désigne sous le nom de façon de Malines les dentelles dont, comme le point de Paris, les fleurs et les ornements sont entourés de gros fil plat caractéristique de la Malines proprement dite.

 

Au fuseau, de Valenciennes
Dentelle dite Valenciennes
Au fuseau, de Lille
Dentelle de Lille
Au fuseau, de Paris
Dentelle Point de Paris