Chemins du vivant

Fragments d'un monde inquiet

Sur les cordes elle fait courir l’archet,
c’est le poignet, le bras et tout le corps

qui font ce parcours, toujours aller et revenir,
toujours recommencer,
mais dans le geste encore infiniment varié,
c’est tout le corps, toute l’âme,
tout ce qui fait le souffle impondérable,
on regarde le geste subtil à l’infini,
comme la vie qui vient après la rosée,
le matin,
quand tout au regard est encore possible.

Sur les cordes elle commence
et c’est la voix qui vient en soi
comme épurée de tous ses mots,
dans le dedans, dans l’intérieur,
très loin dans l’essentiel de l’être,
elle commence et l’on oublie
tout ce qui n’est pas elle, la musique,
ce qui révèle l’indicible du monde
qu’on a tous en partage pourtant,
qu’il faut laisser venir à soi
en ces parages du corps et de l’âme
tellement inextinguibles
qu’on pourrait s’en nourrir doucement, à jamais.

Sur les cordes, c’est une danse
où tout s’émeut de cette voix qui naît,
dépouillée du langage, la musique
écrit en soi le plus vulnérable du monde,
tellement tenace,
tellement proche de la présence,
cet absolu de l’humanité,
un instant, cette vague ouverte.

Le violoncelle est au cœur d’elle,
elle est penchée sur lui comme vers un enfant,
attentive au parcours
toujours recommencé de la musique,
de ce qui naît, sans failles,
au-delà des désastres.

Retrouvez Sandrine Lefebvre en répétition à l'église d'Aulnay, sur la bande-annonce vidéo des animations Aulnay, d'images et de paroles, de l'été 2026 : Voir la bande-annonce

Pour Sandrine
Écriture le 28/02/26