Peut-on dire la poésie
autrement qu’à travers elle
en partage de sa musique incertaine
entre le sens des mots et ce qu’ils scandent
de l’impénétrable du monde ?
Les mots se tissent
ils s’entrelacent contre la mort
ils ne font qu’un refuge provisoire
qu’une lueur
mais ce qui tremble en eux
frappe aux portes mobiles des regards
à ce qui se forge là
dans l’incandescence des visages
quand soudain ce que je vois de toi
fusionne dans la brume improbable du paysage.
La poésie cogne aux confins du réel
comme le filigrane des amours, des douleurs,
ce qu’on éprouve à portée de soi-même,
les autres proches et le monde.
Les mots guettent l’invisible
tout ce qui court entre eux,
du sublime qu’on ne peut pas dire
à la fulgurance des amours,
un regard,
et reste-t-il encore une douleur au monde,
au creux du corps un sourire,
et reste-t-il encore du mal
dans nos terres dévastées ?
Il ne nous reste que cela, la poésie,
la braise ardente sous les cendres,
ce qui s’échappe à bas bruit
à la mise en saccage.
Ce qui résiste, ce chant derrière les mots
ce qui frappe à nos fronts
dans les déserts, la vie
qu’on espère à jamais
nimbant les gestes,
comme l’évidence
la poésie dans les lumières de l’hiver.
Écriture le 30/12/25