Attendre, et dans la nuit des routes perdues, qui s'étonne sur le monde,

il va dans les trouées du langage encore à l'abri pense-t-il, qui s'étonne de cet espace amenuisé toujours cerné toujours sauvé par les mots ou ces rares moments des êtres, un soir d'été dans les chemins des collines et si près du visage parfois cette lente osmose des odeurs ?

 

Attendre dans l'identique des jours la venue de cela, ensemble porter les fruits de la terre, mettre au comble de l'été cette chaleur entre eux plus que l'été même - et la langue soudain déroule les versants, quitte les brisures.

 

Encore dans les vallons la brume en couches si fines qu'elle habille radieusement les femmes. Encore pourtant le murmure, et la voix qu'on mêle au vent qui traverse les corps.

Qui s'étonne pense-t-il de l'eau absente, et des regards aussi vite dépassant les visages - un soir d'été, il avait aimé les millepertuis, près des talus, l'air était violet, la mort étrangement absente.

 

Qui s'étonne et prend distance et sait chercher dans le corps cette urgence ? Il attend dans la nuit perdue ce qui depuis toujours l'étreint, les mots se ferment derrière lui, les pas dans les chemins s'atténuent près des mousses, il s'est endormi comme un reflet.