Vivants, lieux, mémoire

A l'orée des années 1980, c'est la chance de pouvoir, pas à pas, voyage après voyage, découvrir le monde, bien des pays dont on a longtemps rêvé, dont on s'est nourri dans les livres. Lieux donc, l'ailleurs et le proche du monde. Lieux qui me semblent vivants d'eux-mêmes comme les êtres qui les peuplent, et que la mémoire ravive, transfigure, dans le creuset de l'écriture.

Couverture de Vivants, lieux, mémoire
Format 14 x 21
80 pages • 8 €

Ce livre est né de l'envie d'un repère, de poser un jalon dans le fol entrelacs des jours de labeur. Je l'ai auto édité. Charles Bézie, un ami peintre, qui est un des "vivants" de ce livre, en a fait la couverture, striures et entrelacs sur le monde. Georges Monti, à Cognac, l'a imprimé.

Il a été l'occasion d'abord de partage pour les amis. Mais je l'ai envoyé aussi  à quelques-uns des écrivains qui me touchaient particulièrement alors comme un signe modeste de reconnaissance. Plusieurs ont répondu, et dans des termes qui suffisaient à porter ce bonheur d'écrire dans les saisons.

Yves Bonnefoy, alors titulaire de la chaire de poésie au Collège de France, m'envoya ainsi une carte postale lors de la parution en 1988, dont j'extrais cette phrase : "Sans presque m'en rendre compte je suis entré dans votre livre comme on passe à travers la brume pour découvrir un lieu qui est à la fois le même qu'ici et tout autre : c'est la grâce qu'a reçue et qu'octroie l'écriture qui est vraiment poésie."

 

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Quelques textes, ci-dessous, puisés dans ce livre.

Il s'était arrêté, juste à l'écart et comme à mi-hauteur on se retourne et ce n'est pas tant pour dérouler le paysage jusqu'aux limites du songe que pour savoir peut-être en soi la distance, l'intervalle des êtres.

Un soir encore - mais que fait le poids de la nuit pour accroître la mémoire ?

Nin, le soir. On entre dans le village par une voie étroite que bordent les salines.

La Loire allait lente et longue, épuisant le regard qui dans l'hiver cherchait pour se rassurer l'autre rive.

L'envoûtement. Est-ce ton corps qui m'est proche au point d'avoir fait taire en moi toute défense ?

Textile, comme les mots cette si lente naissance et depuis si longtemps

Nous avions quitté Ostende suffisamment tôt le matin avant que la lumière ne fasse réellement présence.

La maison dans la forêt se tient à la croisée des routes un peu de biais comme pour accueillir le voyageur

Les villages d'ici n'existent qu'à peine, ils ne sont qu'une lente dispersion des demeures,

De cette journée-ci nous n'avions rien prévu que cette marche matinale au pourtour de la baie.

Ambarita tôt le matin, la lumière de l'altitude et de l'eau découpe intensément les rives du lac Toba.

Mots pour mots la parole essaimée sans bruit sans rature autre que celle de la voix qui n'ose puiser encore au creux de l'être.