Elle avait dit :

" Après l'hiver, je ferai un jardin,

ce sera comme un quadrille sur la terre,


les plantes et les fleurs là nous enlèverons de l'herbe "

 

Elle parlait dans l'automne en lumière, ils étaient
devant cet infini du paysage qu'ils habitaient depuis longtemps
et même après ces années
lui cherchait encore dans l'inflexion de sa voix
quel rêve elle voulait suivre
dans ces rangs serrés, cela qui germait
qui faisait l'ordre sur la terre

 

Elle avait dit : " C'est juste un peu d'espace encore
qu'on enlève au silence "

Il voyait les minces reliefs dans l'imperceptible
l'air sur son corps, dehors, ce qu'elle aimait
au devant d'eux, juste à portée de regard

 

Il se demanda si c'était cela, les jardins,
qui l'avait affranchie du temps dans ce partage innommé
ce qu'ils écrivaient, danse en quadrille,
à même la terre dépeuplée,
cela, les jardins, enfouis en eux tellement
qu'on n'aurait su ce qui tenait de la présence
des corps ou de l'herbe

 

Elle avait dit que ce serait pour les pierres
comme une respiration, sans qu'on le sache vraiment

Et à peine soudain, son regard sur lui, léger,
pour une quête.