Sona m'avait dit un soir, quand nous parlions des relations avec la Turquie: "Avez-vous vu le film d'Atom Egoyan? C'est simplement cela finalement que veulent les Arméniens.

" Non je n'avais pas vu mais je me souvenais, Charles Aznavour, Cannes, des rumeurs dans les médias. J'allais l'acheter en rentrant.

Sur Internet, site de commerce en ligne, puis un autre. Pas de DVD "Ararat". Recherche tous azimuts. Sur un site canadien, la présentation d'un DVD, photo de la pochette, description bilingue. Me voici sur le grand fleuve des objets culturels du monde, et là "Ararat" est à vendre, mais c'est envoyé d'une "market place" aux USA, il faut attendre quelques jours. Deux semaines en fait, et le DVD est dans le lecteur, mais rien ne fonctionne, il est "zoné" Amérique du Nord : les grands marchands numériques de la planète ont une vision bien à eux de la mondialisation et de la circulation des marchandises. Internet à nouveau. Voici ce film enfin, mais en anglais seulement, nous nous perdons dans la puissance des images et la complexité des situations. Même pochette pourtant que sur le site canadien. J'y retourne: subtile différence, la version bilingue est en "Collector's edition", juste une mention de plus. Recherche encore, un site à Montréal, qui vend en ligne. Panier électronique, formulaire, coordonnées... mais là seulement l'Amérique comme lieu de livraison. Transparence de la distribution culturelle : "Ararat" présenté à Cannes il y a deux ans, n'est pas disponible... Internet encore, pour un site aux enchères, une boutique vidéo à Toronto, quelques semaines d'attente, et "Ararat" en français, un soir, deux heures d'images.