En 226, l'empire Parthe qui règne alors sur l'Iran s'effondre, au profit de la dynastie naissante des Sassanides. Les rois arméniens d'origine parthe, mais qui avaient su se lier avec les Romains, entrent en guerre contre les Sassanides.

Vers le milieu du IIIe siècle, Khosrov, dans sa capitale arménienne de Vagharchapat39 accueille à sa cour Anak, un seigneur parthe, qui s'allie aux Perses Sassanides, complote contre le roi et le tue. On massacre la famille du prince Anak, mais un de ses fils, Grégoire, qui en réchappe, est conduit en Cappadoce. Les Perses prennent le contrôle de l'Arménie, mais Tiridate, le jeune fils du roi assassiné est mis sous la protection des Romains. Deux enfants donc en exil, le premier qui, à Césarée de Cappadoce, grandit au sein d'une communauté chrétienne. L'autre, qui passe sa jeunesse à Rome près des empereurs. Ceux-ci mènent la guerre aux Sassanides, et Tiridate protégé des Romains monte sur le trône d'Arménie.

Grégoire revient de Cappadoce, devient conseiller de Tiridate. Un jour que le roi lui demande de l'accompagner au temple pour un sacrifice, il refuse, arguant de sa foi. Tiridate le met au supplice, Grégoire résiste, le roi s'apprête à le relâcher, quand il apprend qu'il est le fils du meurtrier de son père. Tiridate jette Grégoire dans un puits profond infesté de serpents.

Du temps passe, treize ans. Dioclétien est empereur à Rome, il veut une épouse et envoie des peintres dans tout l'empire pour choisir sur portrait parmi les plus belles jeunes filles. Et Dioclétien tombe amoureux fou, par l'image, de Hripsimé, une jeune nonne. Il la veut, il envoie ses gens la chercher. Mais le couvent est vide, toute la communauté des vierges chrétiennes est partie, sentant le danger. Avec leur abbesse Gayané à leur tête, elles vont en Palestine, traversent la Syrie, l'Anatolie, arrivent vers le Mont Ararat et croient se réfugier en lieu sûr à Vagharchapat. Mais Tiridate a reçu de Rome un avis de recherche. Il fait venir Hripsimé: amoureux dans l'instant, il la désire, elle refuse, il supplie, elle résiste. Alors, le roi la fait lapider, et toutes ses compagnes avec elle.

Et Dieu châtie le roi. Tiridate est transformé en sanglier répugnant, les tourments s'abattent sur sa famille, il veut guérir, il veut sauver sa royauté. La sœur du roi apprend dans un songe que seul Grégoire pourrait lui rendre forme humaine. On s'en va au puits profond, le croyant mort depuis longtemps, mais Grégoire a survécu dans le cachot, nourri par quelque femme charitable. On l'amène devant le roi.

Et Grégoire parle. Il dit qu'il a vu descendre du ciel un être mystérieux, la figure glorieuse du Christ, dans un faisceau de lumière. Il tient un marteau d'or, dit-il, qu'il frappe trois fois sur le sol. Alors s'élève une coupole de nuages et une croix de feu, reposant sur quatre colonnes. La même vision recommence aux lieux où Hripsimé, Gayané et leurs compagnes ont été martyrisées. Et Grégoire dit qu'il veut bien redonner au roi la voix et l'aspect d'homme, pourvu qu'il se convertisse, lui et tout son peuple.

Ainsi dit l'histoire légendaire, écrite un siècle et demi plus tard: l'Arménie est ancrée définitivement dans l'histoire de l'Occident quand celui-ci s'ouvre à une dynamique religieuse qui le rendra dominant, mais c'est parmi les anciens maîtres de la Perse que surgit l'Illuminateur. Rome et le christianisme, mais à travers les hommes d'Orient. Avec le long périple des femmes désirables, de l'amour impossible venu de si loin. Avec aussi l'architecture figurée dans le récit, coupoles nées des nuages, elles aussi fondatrices.

 

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39 L'actuelle Edjmiadzin

 


Edjmiadzin, c'est en arménien "la descente de l'être unique". Nous marchons vers la cathédrale, à l'emplacement de la vision de Grégoire. Les Arméniens sont nombreux en ce dimanche, sur la grande allée qui mène au sanctuaire. Nous nous approchons par le nord, cherchant dans les murs de cette église bien des fois remaniée, des fragments de sculptures plus anciens, qui diraient l'origine.

À l'ouest, un clocher-porche au décor magnifique, mais maniéré, baroque dirait-on si nous étions à Rome. Comme à Rome, ici est le lieu du pouvoir de l'Église, le catholicos40 y réside depuis des siècles. L'ensemble architectural ne fait pourtant pas étalage de magnificence, l'ampleur reste mesurée, mais on l'a comme surchargé au cours du temps, et les torsades de la coupole disent un autre univers que les motifs de l'entrée. L'unisson du soleil et du ciel sur ces pierres, mais le regard désaccordé par ce toujours plus beau qu'on a voulu, couche après couche, siècle après siècle.

 

Edjmiadzin, vers la cathédrale
'...sur la grande allée qui mène...'

 

À l'intérieur beaucoup de monde, des familles qui discourent à mi-voix, des jeunes filles au corps fluide, les groupes qui se font, se défont. Beaucoup de fresques aussi, assez récentes, on se sent d'emblée au cœur d'un riche décor. Le flux nous emmène vers la salle du musée à droite de l'autel. Vêtements liturgiques, reliques, un fragment de l'Arche de Noé dit-on, un tableau de vierges martyres... on fait le tour en groupe, les yeux se posent, repartent ailleurs.

Comme souvent en ces endroits saturés de corps et de croyances, tout m'échappe, de ce qui pourrait tisser la cohérence de l'instant et du lieu. Je repense aux graffitis sur les fresques de Kirants, ici ce sont les promeneurs qui font d'incessantes traînées dans l'espace, ajoutent leurs entrelacs aux multiples motifs dans la pierre. Lieu d'images, où l'on vient boire à l'image fondatrice, qui dissout la respiration, la distance, et le dialogue qui pourrait naître.

 

Edjmiadzin, porche de la cathédrale
'...un clocher-porche au décor magnifique...'

 

Quand nous sortons, je vois que les gens marchent à reculons pour franchir la porte de l'église. À Sona qui fait de même, je demande pourquoi. "C'est qu'on doit regarder le chœur, il ne faut pas tourner le dos à Dieu." Côté sud, sous le soleil du dehors, des plaques tombales, côte à côte, juste un petit relief sur les dalles de la place - ce sont les derniers catholicos d'Arménie qui sont là, mis en terre.

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40 Le Catholicos de tous les Arméniens, dont la résidence est à Edjmiadzin, est le chef de l'Église arménienne, indépendante de l'Église de Rome.

 


Foule encore dans les allées, sur le parking, avant une rue calme à quelques centaines de mètres. Sainte-Gayané, l'église aux pierres rouges, date du VIIe siècle. On y a fait aussi quelques ajouts, mais le regard qui la découvre à l'entrée de l'enclos, sait d'emblée qu'une langue se dit ici, qu'on peut comprendre, avec qui l'on peut vivre. C'est comme à bien des endroits la plénitude dépouillée des géométries, les élans de symétrie de la coupole et des toits.

 

Edjmiadzin, église Sainte Gayané
'...qu'on peut comprendre, avec qui l'on peut vivre...'

 

Comme à la cathédrale, on a poli les abords, rendu plus exacts encore l'équilibre, la perfection. Nous marchons, pour comprendre, avec le corps qui a besoin d'éprouver l'espace, avec le regard qui découpe, qui s'imprègne, qui cherche l'exception des sculptures au cintre des fenêtres. La galerie en avant de l'église et ses trois arches où l'ombre appelle l'ombre de l'intérieur. Jamais je n'aurai perçu comme en ces églises arméniennes ce qu'est le dialogue presque amoureux du corps et de l'espace construit, et comme dans l'amour ce jeu inépuisable des échos, des facettes de l'être.

 


Nous parcourons la ville à nouveau, un peu plus loin Sainte-Hripsimé est construite aussi sur le lieu du martyre. Puissance sobre encore des pierres claires, assise intense qu'on a peu retouchée depuis quatorze siècles. On y arrive par une petite allée de pierres, avec à droite un jardin d'arbres fruitiers, rangs de vigne, pêchers. L'église est en hauteur, simple sous le regard. Un porche à l'ouest fait rupture, ajouté à la forme originelle, et qu'on a orné de rares motifs d'entrelacs.

Moins de foule ici, moins de richesse et de pouvoir, la permanence plus seule, plus acceptable. Nous descendons l'allée, je ressens soudain la répétition des lieux, l'injustifiable des martyres et de leurs emblèmes, ce rythme de la vérité construite, reconstruite. Discours prégnant, l'élan qui marque le territoire dans l'histoire, Grégoire illuminant d'une foi nouvelle les lieux phares du pays, ces lieux païens qu'on efface. Lumière neuve contre ancienne lumière. Est-il une trace dans l'architecture de mémoire qui n'exclut pas, qui agrège?

 

Edjmiadzin, église Sainte Hripsimé
'...ce rythme de la vérité construite, reconstruite...'

 

Dans l'enclos, d'une pièce où l'on vend des souvenirs, un faible chant qui monte à la voix pure, nous entrons, il fait frais, la voix emplit le corps. Ce qu'on entend, qui cherche dans la mélodie le sublime, s'appelle "Ter voghormya" - Dieu nous pardonne...

 


"Voulez-vous vraiment voir l'autre église?" Achot a transmis à Sona son désir d'abréger. Oui, on souhaite continuer, malgré la chaleur qui pèse. Discussion, puis quelques centaines de mètres en bus vers Shoghagat le "flot de lumière". Dernier jalon du parcours au cœur de la ville. Répétition encore: l'enclos bien entretenu, les abords lisses, l'allée puis au bout l'harmonie de la façade, de la coupole. Plus près, les murs soignés, les ornements sculptés des fenêtres et du porche qui font le rythme. Au chevet, des entrelacs par fragments, qui tressent une croix.

L'ensemble fait cohérence, il nous marque à nouveau, fait insistance dans l'espace urbain. Mais le site date de 1694: permanence de la mémoire et réécriture aussi, construction représentée comme au VIIe siècle, moment de l'identité qu'on perpétue.

 

Edjmiadzin, église Shoghabat
'...couche sur couche des valeurs héritées, reprises...'

 

Quand naît dans l'âme collective cette sensation que les formes, les signes, les images sont nôtres et qu'il faut les préserver, les prolonger, les nourrir de sens? Et ce qu'on accumule d'interprétations, couche sur couche des valeurs héritées, reprises, adaptées au cours du temps, comment le mettre en perspective avec ce qui surgit, qui expulse, radical, dans le vent des brassages des peuples et des violences? Art roman, gothique, baroque... je repense aux grandes traces de notre mémoire, soumises aux luttes, fruits des conflits aussi, qui nous ont façonnés, à ces facettes multiples, cette mobilité et cette incertitude où nous baignons aujourd'hui. L'architecture arménienne traverse l'histoire avec une étonnante stabilité, l'affirmation constante de l'essentiel, peut-être parce que c'est plus une culture qui s'écrit précairement à l'œuvre, qu'un pays qui s'affirme au firmament des pouvoirs. Ballottés entre les Perses et les Ottomans, les Arméniens restent eux-mêmes, ils sont à l'abri des grandes ruptures de l'histoire.

 

Avant de continuer vers Zvartnots, nous voulons tous quatre respirer un peu, remuer calmement tout ce vécu d'images, et boire frais. On a repéré tout à l'heure café et terrasse à l'ombre, dans la rue principale. "Achot dit qu'il y a un café à Zvartnots, c'est tout près." Mais nous avons vraiment très soif, nous doutons des promesses d'Achot et le café ici est tout près aussi.

"Nous, nous voulons aller au café ici.

- Mais Zvartnots est juste à quelques kilomètres !"

J'élève la voix.

- "C'est nous les clients, c'est nous qui décidons. Nous allons ici."

Echanges tumultueux entre Achot et Sona. Le bus démarre, bientôt la terrasse à l'ombre. "C'est là, stop, stop !" Achot se range, silence tendu, on descend. Bienfait de la Djermouk fraîche... Sona vient nous rejoindre. On l'invite à boire avec nous. Elle refuse doucement, retourne avec Achot. Sona qui se tait, désemparée.

 


Zvartnots, ce sont "les anges du ciel", ceux apparus en songe à Grégoire, lors de sa vision. Il ne reste que des ruines, mais entourées, valorisées, aménagées: ici aussi est un lieu fondateur. C'est dit-on l'endroit où Grégoire, juste libéré de son cachot, rencontra Tiridate.

En 641, alors que l'Arménie commence à subir les invasions arabes, Nersès III est nommé catholicos. Fin lettré, pétri de culture grecque, il n'aura de cesse de poursuivre l'œuvre arménienne: "il amena l'eau de la rivière, rendit cultivable tout ce pays pierreux, planta des vignes et des vergers d'arbres fruitiers..."41 Surnommé "le Constructeur", il fit bâtir et rebâtir.

Cette église au nom des anges, où il mit les reliques de Grégoire, voulait surpasser en audace celle d'Edjmiadzin toute proche. À trois niveaux, enveloppée d'un vaste déambulatoire qu'un mur à trente-deux faces rendait presque circulaire, elle devait être exceptionnelle à bien des égards. Au Xe siècle, un tremblement de terre l'a détruite entièrement, laissant aux experts des hypothèses d'architecture, dans le fouillis des pierres au sol.

 

Zvartnots, les ruines
'...On marche parmi les ruines toujours différemment...'

Dans ce tournant d'après-midi, en marchant vers ces ruines, ce que l'on voit d'abord, c'est l'esplanade, une immense plate-forme surélevée qui barre le regard, fait limite de l'espace autrefois sacré. À droite, deux immenses blocs encore maçonnés, mœllons grossiers, seuls vestiges du corps de l'édifice. Au centre du regard, des colonnes, des arcades en fragments, dont on ne pressent pas de loin l'ampleur ni la présence.

C'est au pied de la plate-forme que l'œil bascule, happé par la puissance, le poids, la démesure presque des chapiteaux. Certains sont au sommet de colonnes qu'on a sans doute restaurées, ils se détachent sur le ciel à quelques mètres de hauteur. Tressage simple des motifs, mais creusés profondément dans la pierre, qui disent dans la lumière la présence qui assemble. On marche parmi les ruines toujours différemment, parce que la grandeur peut-être de ces lieux est plus à vif, qu'on a l'impression à chaque pas d'un adieu.

À terre un chapiteau au décor d'aigle, à la pierre plus grande que soi, qu'on touche des mains d'un bonheur neuf. Il n'y a plus d'ensemble dans les ruines, seulement des fragments que l'imaginaire recompose, on cherche les possibles, de ces colonnes en courbes aux arcades qui tentent un mouvement vite arrêté. À côté des restes de l'église, ceux du palais de Nersès, pierres alignées qui furent des espaces à vivre. On marche encore, on cherche le filigrane des anges peut-être, mais rien que le fracas des pierres immenses contre le corps, contre la mémoire, dans la grandeur défaite. Au loin, des rideaux de peupliers bruissent dans l'air du soir.

Retour au bus. Achot est attablé au café voisin. D'un air narquois, il invite Sona à le rejoindre, qui refuse. Nous l'attendons, un long moment. Je m'approche d'elle, nous parlons du voyage, de l'agence. Non elle ne connaît pas Achot, non ce n'est pas très payé, oui elle a été contactée juste une semaine avant le départ par H.S., non elle ne sait pas combien Achot est payé, non ils n'ont pas vraiment de budget pour se loger... Elle dit d'un sourire fatigué: "Je voudrais faire au mieux". J'explique le contrat avec l'agence, les coûts, que c'est au guide à faire les choix, avec nous... Elle semble frissonner soudain. Je me tais.

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41 Sebêos, Histoire de la Siounie, cité in René Grousset, Histoire de l'Arménie, op. cit.

 


Retour à Erevan. À l'hôtel, nous préparons les bagages pour le départ vers le Sud, quand A. nous appelle. Achot et Sona sont passés à l'agence et elle souhaite venir nous parler avec G. le directeur. Nous voici bientôt à six dans la chambre, serrés entre sacs, meubles et ventilateur.

"Je voudrais vous demander de ne pas faire faire des kilomètres supplémentaires au chauffeur, dit A. Et puis pour la nuit, il n'est pas prévu que vous alliez systématiquement dans les hôtels, ni le midi au restaurant. Il faut laisser aussi le temps pour le déjeuner, le chauffeur doit se reposer. Et lui, il connaît bien l'état des routes, et quand la route est mauvaise et que vous ne pouvez pas aller sur un site, il ne faut pas chercher à le remplacer par un autre."

- "Oui, cet après-midi, on a dû faire deux trois kilomètres de plus pour aller au café. Mais nous ne sommes pas allés à Khoranachat, ni à Norvaragavank. Donc globalement, on a économisé plusieurs dizaines de kilomètres. Pour la nuit, l'hôtel, c'était une seule fois à Idjevan. Et le restaurant le midi, juste une fois et ce devait être le petit déjeuner... Quant à ne pas remplacer un site inaccessible par un autre, il n'en est pas question. Quand vous allez au restaurant et qu'il n'y a pas de bœuf au menu, vous prenez de l'agneau... Nous avons passé un contrat avec vous, et nous avons à le respecter ensemble."

L'atmosphère est tendue. A. traduit à G. Je comprends peu à peu que l'agence a répondu à notre demande sans se rendre compte des implications d'un tel périple, eux qui sont habitués aux excursions d'une journée depuis Erevan. Nous disons qu'Achot pose problème, qu'il n'en fait qu'à sa tête et sans le moindre partage, que les pique-niques dans des lieux exécrables ça suffit. Et les itinéraires supprimés, étaient-ils si mauvais que cela? Que ce n'est pas à nous de connaître l'état des routes en Arménie, que ce programme est prévu depuis six mois... Je raconte l'épisode de "Madame Achot", l'impossibilité de camper, le bonheur aussi d'être avec Sona, mais qu'elle devrait pouvoir piloter le voyage, et cette découverte jour à jour, l'exceptionnel du patrimoine.

Les échanges se font moins vifs. G. nous questionne. Nous répondons précisément. Bientôt nous parlons du tourisme culturel, du potentiel de ce pays, du développement, d'Internet et des réalités à construire. Ils disent leurs difficultés, le dénuement, le manque de moyens. J'essaie de parler de méthode, de qualité, de l'authenticité d'accueil aussi dans les villages, que l'Arménie, ce n'est pas qu'Erevan. J'essaie de dire pourquoi nous sommes venus, pour toucher même un peu, même de loin, ce qu'est l'âme, le souffle de ceux d'ici. Que la mondialisation, c'est l'économie, des tickets dans les musées ou des hôtels à l'occidentale, mais aussi la rencontre des lieux, des hommes, Makénis et Kirants, que nous avons tous à faire vivre cela, à mieux comprendre...

Plus d'une heure que nous discutons. Nous revenons à la suite du voyage. Nous ne ferons pas plus de kilomètres que prévu, nous n'essaierons pas d'aller dans des endroits impossibles avec le bus. On va mélanger hôtels et logements chez l'habitant, et trouver des endroits sympas pour les repas. En nous quittant, A. s'excuse des problèmes. "Faites au mieux avec eux pour la suite" dit-elle. Je la rassure. Ils nous quittent. Je me rends compte soudain que c'est dimanche et qu'ils étaient au bureau, comme hier.